Yaourts, les grands alliés de votre microbiote intestinal

Vous êtes plutôt yaourt, fromage blanc ou skyr ? Ces spécialités laitières ont un point commun : elles chouchoutent notre microbiote. Fabriquées à grande échelle depuis près d’un siècle, elles font partie intégrante de notre alimentation quotidienne et œuvrent à nous maintenir en bonne santé via notre microbiote et notre digestion.

Publié le 24 juillet 2026
Mis à jour le 27 juillet 2026

A propos de cet article

Publié le 24 juillet 2026
Mis à jour le 27 juillet 2026

Même si les laits fermentés existent depuis des millénaires – comme en témoignent des traces de fermentation lactique retrouvées dans des poteries allant de 8000 à 7000 avant J.-C. – il faut attendre le début du XXème siècle pour que Stamen Grigorov et Elie Metchnikoff identifient une bactérie essentielle à la fabrication du yaourt1.

Aujourd’hui, les termes yoghourt et yaourt désignent un même produit : un lait fermenté obtenu grâce à l’action conjointe de deux bactéries:

  • Streptococcus thermophilus
  • Lactobacillus bulgaricus

Ces ferments lactiques agissent en symbiose et sont indispensables à la fabrication du yaourt via la fermentation du lait. Au lait de vache ou de brebis, nature ou aromatisé, brassé ou enrichi en crème… Alors que les recettes, l’orthographe, la texture et la prononciation diffèrent, tous feraient référence au verbe turc « yoğurmak », qui signifie épaissir, cailler. Seul le skyr se distingue : originaire de Norvège et d’Islande, il s’agit d’un yaourt égoutté, élaboré à partir de lait écrémé, avec une texture plus dense. Très pauvre en matières grasses et particulièrement riche en protéines – environ deux fois plus qu’un yaourt classique – il présente un profil nutritionnel particulièrement intéressant2.

Au-delà de leurs différences, l’ensemble de ces yaourts partagent des atouts nutritionnels qui méritent d’être explorés plus en détail, pour mieux en comprendre les bénéfices sur la santé, la digestion et le microbiote.

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Ils rendent nos intestins plus inclusifs

Premier atout du yaourt : il remodèle la population de micro-organismes présents dans nos intestins. Car le Streptococcus thermophilus et le Lactobacillus bulgaricus sont des probiotiques qui contribuent à maintenir l’équilibre et la diversité de la flore intestinale3,4. Or cette diversité va de pair avec un microbiote sain et performant, gage d’une bonne digestion et d’une meilleure immunité.

Des aliments fermentés… mais pas toujours « probiotiques » !

Pour être considérés comme probiotiques, les aliments fermentés doivent contenir des micro-organismes vivants, précisément identifiées (jusqu’à la souche exacte !) et être présents en quantité suffisante. Surtout, l’effet bénéfique sur la santé de ces micro-organismes doit être prouvé scientifiquement par des études cliniques… Mais certains produits peuvent afficher « contient des probiotiques », comme c’est le cas pour le yaourt et ses deux bactéries phares !

Ils nous protègent des petits rhumes

Grâce aux probiotiques qu’ils contiennent, les yaourts peuvent soutenir les défenses immunitaires de l’intestin. Leurs bactéries aident à maintenir l’équilibre du microbiote, freinent certains microbes indésirables et renforcent la muqueuse intestinale. Certaines études suggèrent aussi une meilleure régulation de la réponse immunitaire et une réduction de certaines infections digestives, mais ces effets varient selon le produit consommé, les souches qu’il contient, et les individusl5,6.
Ainsi, une consommation régulière pourrait contribuer à réduire le risque d’infections gastro-intestinales… et même de petits rhumes chez les personnes âgées ! Une étude a effectivement démontré que consommer 90 g de yaourt de façon quotidienne active les défenses immunitaires et protège des infections7!

Ils font la révolution contre le diabète

Les scientifiques observent depuis quelques années qu’une consommation régulière de produits laitiers, en particulier de yaourts natures (principalement au lait de vache, avec 80 à 125 g par jour), est associée à un risque plus faible de diabète de type 2. Un mal qui touche aujourd’hui 11% de la population mondiale, selon la Fédération Internationale du Diabète. Cet effet protecteur pourrait passer par l’intermédiaire du microbiote, que les yaourts soient riches ou pauvres en matières grasses8,9.


Ils donnent la chasse aux kilos en trop

De même, la consommation régulière de yaourt est associée à une moindre prise de poids sur le long terme, par rapport à des personnes qui n’en consomment pas10. Cet effet s’expliquerait en partie par sa richesse en protéines, qui favorisent la satiété et aident à mieux réguler l’appétit11.
Le yaourt apporte aussi du calcium, issu du lait, qui pourrait jouer un rôle métabolique : certaines données suggèrent qu’il contribue à moduler le microbiote intestinal et à renforcer la barrière intestinale, limitant ainsi les phénomènes inflammatoires impliqués dans l’obésité12.
Enfin, des résultats issus de l’étude PREDIMED indiquent qu’une consommation quotidienne est également associée à une réduction de l’obésité abdominale, renforçant l’idée d’un effet favorable sur la composition corporelle13.

Ils luttent contre l’opposant lactose

Le yaourt est aussi le camarade obligé des victimes d’intolérance au lactose contenu dans le lait de vache. Lorsque le lait fermente, la bactérie Lactobacillus bulgaricus transforme en effet le lactose en acide lactique, beaucoup plus facile à digérer. Cela rééquilibre le pH de l’intestin et diminue les symptômes de troubles digestifs que sont la constipation, les ballonnements et les diarrhées, sources de douleurs abdominales14,15Mangez-en sans modération, votre transit vous dira « merci » !


Ils maintiennent notre cœur en bonne santé

Le yaourt possède une autre carte maîtresse dans son jeu : il protège notre système cardiovasculaire sur le long terme. Les scientifiques ont ainsi découvert que le risque de développer une hypertension artérielle serait réduit de 10 à 20% chez ceux qui en consomment un à deux par jour16. Ils formulent la même hypothèse en matière d’infarctus du myocarde et de risque de décès par accident vasculaire cérébral, avec les yaourts au lait entier17,18.

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Ils nous font faire de vieux os

La consommation quotidienne de yaourt est associée à des os plus solides,  grâce à une densité osseuse plus élevée (+3 à 4%) et à un risque réduit d’ostéoporose (jusqu’à -39% chez les femmes et -52% chez les hommes)19. Ces bénéfices semblent liés à ses apports en calcium et protéines, et peut-être aussi à son impact sur le microbiote intestinal20,21.


Ils nous rapprochent de l’immortalité ?

Et si le yaourt prolongeait notre espérance de vie ? L’étude d’une femme ayant vécu jusqu’à 117 ans a révélé un microbiote intestinal étonnamment « jeune », associé à une bonne santé globale. Sa consommation régulière de yaourt pourrait avoir contribué à la présence de bactéries bénéfiques comme Bifidobacterium22.

Plus largement, les recherches montrent que le microbiote joue un rôle important dans le vieillissement, en influençant l’immunité, l’inflammation et la santé globale23. Mais ces résultats restent exploratoires et ne permettent pas d’établir un effet direct du yaourt sur la longévité… Une bonne excuse pour en reprendre un, au cas où la science nous réserve encore quelques surprises !

Sources

1. Hiol, Anne, and Patrick Veiga. “From the Laboratory to the Plate: How Gut Microbiome Science Is Reshaping Our Diet.” The Journal of Nutrition, vol. 155, no. 11, Nov. 2025, pp. 3595–3605. 

2. https://www.healthline.com/nutrition/skyr

3. Le Roy, Caroline Ivanne, et al. “Correction to: Yoghurt Consumption Is Associated with Changes in the Composition of the Human Gut Microbiome and Metabolome.” BMC Microbiology, vol. 22, no. 1, 2022, p. 66.

4. Ma, Guangyu, et al. “Effect of Probiotic Administration during Pregnancy on the Functional Diversity of the Gut Microbiota in Healthy Pregnant Women.” Microbiology Spectrum, vol. 12, no. 6, 2024, e00413-24. 

5. Leeuwendaal, Noortje K., et al. “Fermented Foods, Health and the Gut Microbiome.” Nutrients, vol. 14, no. 7, 2022, p. 1527.

6. Marco, Maria L., et al. “Health Benefits of Fermented Foods: Microbiota and Beyond.” Current Opinion in Biotechnology, vol. 44, 2017, pp. 94–102.

7. Makino, Seiya, et al. “Reducing the Risk of Infection in the Elderly by Dietary Intake of Yoghurt Fermented with Lactobacillus delbrueckii ssp. bulgaricus OLL1073R-1.” British Journal of Nutrition, vol. 104, no. 7, 2010, pp. 998–1006.

8. Chen, Mu, et al. “Dairy Consumption and Risk of Type 2 Diabetes: 3 Cohorts of US Adults and an Updated Meta-Analysis.” BMC Medicine, vol. 12, no. 1, 2014, p. 215. 

9. Aune, Dagfinn, et al. “Dairy Products and the Risk of Type 2 Diabetes: A Systematic Review and Dose-Response Meta-Analysis of Cohort Studies.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 98, no. 4, 2013, pp. 1066–1083. 

10. Sayon-Orea, Carmen, et al. “Associations between Yogurt Consumption and Weight Gain and Risk of Obesity and Metabolic Syndrome: A Systematic Review.” *Advances in Nutrition*, vol. 8, no. 1, 2017, pp. 146S–154S.

11. Tremblay, Angelo, and Shirin Panahi. “Yogurt Consumption as a Signature of a Healthy Diet and Lifestyle.” The Journal of Nutrition, vol. 147, no. 7, 2017, pp. 1476S–1480S. 

12. Gomes, J. M. G., et al. “Could the Beneficial Effects of Dietary Calcium on Obesity and Diabetes Control Be Mediated by Changes in Intestinal Microbiota and Integrity?” British Journal of Nutrition, vol. 114, no. 11, 2015, pp. 1756–1765. 

13. Santiago, S., et al. “Yogurt Consumption and Abdominal Obesity Reversion in the PREDIMED Study.” Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, vol. 26, no. 6, 2016, pp. 468–475. 

14. Ibrahim, Salam A., et al. “Fermented Foods and Probiotics: An Approach to Lactose Intolerance.” Journal of Dairy Research, vol. 88, no. 3, 2021, pp. 357–365.

15. Savaiano, Dennis A. “Lactose Digestion from Yogurt: Mechanism and Relevance.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 99, no. 5, 2014, pp. 1251S–1255S.

16. Buendia, Justin R., et al. “Long-Term Yogurt Consumption and Risk of Incident Hypertension in Adults.” Journal of Hypertension, vol. 36, no. 8, 2018, pp. 1671–1679. 

17. Warensjö, Eva, et al. “Biomarkers of Milk Fat and the Risk of Myocardial Infarction in Men and Women: A Prospective, Matched Case-Control Study.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 92, no. 1, 2010, pp. 194–202. 

18. Goldbohm, R. Alexandra, et al. “Dairy Consumption and 10-Year Total and Cardiovascular Mortality: A Prospective Cohort Study in the Netherlands.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 93, no. 3, 2011, pp. 615–627. 

19. Laird, E., et al. “Greater Yogurt Consumption Is Associated with Increased Bone Mineral Density and Physical Function in Older Adults.” Osteoporosis International, vol. 28, no. 8, 2017, pp. 2409–2419. 

20. Orwoll, Eric S., et al. “Analysis of the Associations between the Human Fecal Microbiome and Bone Density, Structure and Strength: The MrOS Cohort.” Journal of Bone and Mineral Research, vol. 37, no. 4, 2022, pp. 597–607.

21. Wang, Jihan, et al. “Diversity Analysis of Gut Microbiota in Osteoporosis and Osteopenia Patients.” PeerJ, vol. 5, 2017, e3450. 

22. Santos-Pujol, E., et al. “The Multiomics Blueprint of the Individual with the Most Extreme Lifespan.” Cell Reports Medicine, vol. 6, no. 10, 2025, 102368. 

23. Kadyan, S., et al. “Microbiome-Based Therapeutics towards Healthier Aging and Longevity.” Genome Medicine, vol. 17, no. 1, 2025, p. 75.