La TMF en pratique : du donneur aux effets secondaires
Qu’elles soient de peau, de rein ou de poumon, on imagine facilement comment sont réalisées ces transplantations. Mais comment se déroule la greffe fécale (TMF) ? Face à l’explosion des travaux sur la TMF, les autorités de plusieurs pays (dont la France) ont publié des recommandations visant à encadrer la pratique, et notamment la sélection des donneurs. Car qui dit greffe, dit donneur, et n’importe qui ne peut pas donner ses selles !
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A propos de cet article
Le microbiote fécal est-il un médicament ?
La réponse varie selon les pays. En France et aux États-Unis, le microbiote fécal est considéré comme un médicament. Ce n’est pas le cas au Royaume-Uni, au Danemark ou aux Pays-Bas. En France, l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) a publié en mars 2014 un document encadrant la pratique, mis à jour en 20164. Il décrit la procédure, notamment la sélection des donneurs.
Et concrètement ?
En France, sa préparation doit être réalisée sous la responsabilité de la pharmacie à usage intérieur (PUI) d’un établissement de santé3. Les selles recueillies sont diluées, mixées, filtrées puis transférées dans des seringues avant d’être administrées. Elles peuvent également être congelées, ce qui offre la possibilité de créer des banques de selles disponibles à tout moment5. « La congélation permettrait en outre de limiter le risque de transmission d’agents infectieux et de s’affranchir de l’étape de présélection (le bilan de dépistage étant alors effectué sur le transplant lui-même) », ajoute l’ANSM.
DES EFFETS SECONDAIRES TRÈS LIMITÉS
Généralement modérés5, les effets secondaires de la TMF sont pour la plupart d’ordre digestif. Ils surviennent dans les heures qui suivent la greffe et disparaissent sous 48 heures :
- 75 % des patients présentent des diarrhées,
- 50 % souffrent de douleurs abdominales,
- plus rarement, certains se plaignent de constipation.
Les effets secondaires graves sont extrêmement rares, mais justifient l’attention portée à la sélection des donneurs : bactériémies, infection à norovirus (deux cas publiés), prise de poids (un cas rapporté), œdème aigu du poumon (un cas rapporté). Certains sont liés au mode d’administration, par exemple les perforations intestinales.
6 https://www.snfge.org/content/la-transplantation-de-microbiote-fecal-tmf-da